Mexique : l’un des pays d’Amérique latine les plus dangereux au monde pour les prêtres

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Dans un article publié le 2 février, l’ONG Portes Ouvertes alerte sur l’intensification des violences contre les prêtres au Mexique. "La violence à l’encontre du clergé n’est pas nouvelle, mais sa fréquence et le niveau de sa brutalité augmentent", indique-t-elle.

Depuis 1990, plus de 60 prêtres ont été assassinés au Mexique. Ce chiffre alarmant, communiqué par l’ONG de défense des chrétiens persécutés Portes Ouvertes, révèle l’ampleur des violences commises à l’encontre du clergé mexicain.

En outre, ce pays serait l’un des plus dangereux d’Amérique latine pour les religieux, et notamment pour ceux qui luttent et dénoncent le trafic de drogue. Ils sont "considérés comme des menaces directes par les cartels", explique l’organisation. Chaque année ce trafic fait environ 30 000 homicides dans le pays.

La dernière victime connue de ces violences est le prêtre Bertoldo Pantaleón Estrada. Le 6 octobre 2025, il a été retrouvé mort dans sa voiture. Un mois plus tôt, le 9 septembre, deux prêtres de la ville de Zinapécuaro, dans l’État de Michoacán, on été attaqués dans leur voiture. L’un des deux a été blessé mais l’autre a pu s’enfuir. Selon les responsables religieux sur place, cette attaque avait pour objectif d'intimider la population afin de contrôler le territoire.

"La violence est devenue incontrôlable."

Chercheur pour Portes Ouvertes au Mexique, Jorge Jiménez (pseudonyme), explique que l’Église du pays souhaite "des garanties pour le respect des droits humains et de la liberté de culte dans un pays où la violence risque de devenir de plus en plus la norme".

Le pays est classé 30e dans l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026 de l’ONG. Sur place, les responsables chrétiens "représentent des obstacles aux intérêts des groupes criminels et sont donc ciblés", indique-t-elle.

"Les cartels considèrent les responsables religieux qui refusent de coopérer et dénoncent leur violence, comme un frein à leurs activités : raids d’églises, menaces de mort, enlèvements et assassinats les soumettent à la terreur. Les activités religieuses sont de plus en plus perturbées par la violence ou reprogrammées en raison de l’insécurité."

Mélanie Boukorras 

Crédit image : Shutterstock / William Sikora III

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